À la tête des Éditions de Cortil, Nathalie et Jean-Christophe réinventent la carte postale. Ils remettent aussi au goût du jour les cahiers d’amitié, dignes descendants des cahiers de poésie.

L’essor d’internet n’a pas tué la bonne vieille carte postale. À Wierde, Nathalie Ducenne dépoussière le genre avec bonheur.

L’aventure a démarré en 2010 à Cortil-Wodon. Sa société a gardé la trace de ces premiers pas au travers de son nom: les Éditions de Cortil. Mais aujourd’hui, l’activité se déploie à Wierde, le long de la Nationale 4.

Nathalie s’est spécialisée dans la carte postale. Pas la banale carte standardisée de grande surface: l’éditrice fait appel à des illustrateurs, mais surtout à des illustratrices pour créer des séries exclusives à forte plus-value artistique. «Ce sont surtout des artistes féminines qui dessinent mes cartes, explique-t-elle. J’ai le sentiment que l’univers de la carte leur parle davantage qu’aux hommes. Je peux me tromper, mais j’attends toujours de voir.»

Mettre en relation un éditeur avec des artistes pour promotionner leur travail au travers de la carte postale, c’est au départ de cette idée que Nathalie a décroché une bourse de pré-activité. Elle connaissait déjà le secteur pour avoir déjà travaillé chez un éditeur de cartes postales à Louvain-la-Neuve. Elle vole désormais de ses propres ailes, épaulée par Jean-Christophe Witmeur. Les cartes sont imprimées par Nuance 4 sur du papier écoresponsable, conçu au départ de bois issu de forêts renouvelables.

«Au départ, les premières séries de cartes ne comportaient pas de commentaire, de petit texte en complément du dessin, explique-t-elle. C’était l’illustré pour l’illustré.»

Quand le pas a été pris d’allier texte et dessin dans une même carte, Nathalie s’est rendu compte de l’impact: les ventes ont décollé. Au fil des ans, Les Éditions de Cortil ont développé un réseau de revendeurs de plus en plus dense. Librairies, magasins de jouet ou de bricolage spécialisé, épiceries bio… Nombreux sont les commerçants, de Bruxelles à Arlon, qui ont accepté de faire un peu de place aux présentoirs de Nathalie.

Une émotion particulière

Les mois de septembre à décembre sont les plus chargés. La carte de vœux reste un grand classique. Internet n’a pas tué la carte. Au contraire, Jean-Christophe pense qu’elle a tous les atouts pour continuer à prospérer. «Un message électronique, vous le lisez puis vous l’effacez. Une carte, c’est une tout autre démarche. Celui qui l’adresse prend le soin de la choisir, d’écrire quelques phrases personnalisées. Et celui qui la reçoit la gardera sur un coin de la cheminée.»

Et ceci d’autant plus avec une carte signée par une illustratrice de renom. «Ce que j’aime dans mes cartes, résume Nathalie, c’est qu’elles racontent, par l’interaction entre le texte et le dessin, une histoire, elles contiennent une chute et elles parviennent à dégager une émotion.»

Dans quelques jours, Nathalie fera le tour de ses points de vente pour récupérer les invendus et recharger ses présentoirs. 2018 vient à peine de démarrer qu’il faut déjà préparer la venue de saint Valentin, un autre gros temps fort de l’année.

Bruno MALTER - Vers l'Avenir - 02/01/2018 - www.lavenir.net